Les usages de l’alcool
L’alcool est responsable de maladies,
L’alcool est responsable de troubles de l’usage (TUA)
OMS 21 aout 2024 (traduit de l’anglais)
Faits essentiels sur l’alcool
L’alcool est une substance toxique, psychoactive, pouvant entraîner une dépendance. En Europe, les travaux de l’OMS montrent, un décès sur onze lié à la consommation d’alcool, soit près de 800 000 morts chaque année, presque un tiers du total mondial (2,6 millions). Ramené à la population mondiale, le risque de décès lié à l’alcool est presque trois fois plus élevé en Europe que dans le reste du monde.
L’Union européenne, regroupe environ la moitié de la population de la région OMS Europe, c’est la zone du monde où la consommation d’alcool est la plus élevée : 7 des 10 pays ayant la plus forte consommation par habitant s’y trouvent.
Le cancer est la première cause de décès attribuable à l’alcool dans l’Union européenne, représentant environ un tiers des morts liées à l’alcool. Le niveau moyen de consommation d’un pays est directement corrélé à la fréquence des dommages liés à l’alcool, y compris aux troubles de l’usage de l’alcool (TUA).
Les troubles de l’usage de l’alcool, ce sont toutes situations où les personnes perdent le contrôle de leurs consommations. Les TUA regroupent différentes situations où la consommation d’alcool cause des dommages physiques, psychiques ou sociaux. La dépendance en est la forme la plus grave (anciennement appelée « alcoolisme »).
En Europe, plus d’un adulte sur onze souffre d’un trouble lié à l’usage de l’alcool.
Effets de l’alcool sur la santé
La consommation d’alcool est directement impliquée dans plus de 200 maladies ou troubles, dont les maladies du foie, les accidents de la route, les violences, plusieurs types de cancer, les maladies cardiovasculaires, les suicides, la tuberculose ou encore des prises de risques qui peuvent amener à la contamination par le VIH. Pour toutes ces pathologies, il existe une relation dose-effet : plus la consommation est importante, plus le risque de maladie ou de décès augmente. Au moins 30 maladies n’existeraient pas sans consommation d’alcool, notamment l’hépatopathie alcoolique, la pancréatite alcoolique, les troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale ou l’intoxication aiguë à l’alcool.
- Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès liée à l’alcool en Europe, suivies des cancers, des maladies digestives et des traumatismes.
- L’alcool agit directement sur le cerveau en développement, en particulier sur les zones impliquées dans la prise de décision, le contrôle des impulsions et la maîtrise de soi.
- Le cerveau humain continue de se développer jusqu’à environ 25 ans : pendant cette période, il est particulièrement vulnérable aux effets de l’alcool.
- Une consommation précoce augmente fortement le risque de développer un trouble lié à l’alcool à l’âge adulte.
- Les accidents, chez les 19–24 ans, l’alcool est responsable d’un décès sur quatre, principalement à cause des accidents.
- L’alcool a aussi un impact majeur sur la santé mentale : il augmente le risque de dépression, d’anxiété, de comportements impulsifs et de suicide. Il perturbe le sommeil, les relations sociales et le fonctionnement professionnel, créant souvent un cercle vicieux de dégradation psychique.
L’alcool et le cancer
L’alcool est une substance toxique et psychoactive associée à plus de 200 maladies, dont 7 types de cancer. Même de faibles consommations augmentent le risque de cancer, et ce risque augmente avec la quantité consommée. L’Agence internationale de recherche sur le cancer (CIRC) classe l’alcool parmi les cancérogènes de groupe 1, c’est-à-dire cancérigène avéré pour l’être humain.
Le risque est cumulatif : plus on consomme d’alcool au cours de sa vie, plus la probabilité de développer un cancer (sein, foie, bouche, gorge, œsophage, côlon…) augmente.
Le responsable est l’éthanol ! Tous les types de boissons alcoolisées présentent ce risque, car l’éthanol qu’elles contiennent et l’acétaldéhyde produit par son métabolisme sont cancérogènes.
L’alcool et la société
L’alcool porte atteinte aux individus, aux familles et aux communautés, y compris à ceux qui subissent les conséquences de la consommation d’autrui. Il peut provoquer ou aggraver des problèmes sociaux, juridiques, médicaux, familiaux, scolaires, professionnels et financiers. Les populations les plus modestes subissent de façon disproportionnée les effets négatifs de l’alcool. Réduire la consommation globale d’alcool bénéficie particulièrement à ces groupes et réduit les inégalités de santé.
Le coût économique de l’alcool pour la société est immense : dépenses de santé, pertes de productivité (absentéisme, décès prématurés), coûts judiciaires, sociaux et sécuritaires. Dans tous les pays d’Europe, ces coûts dépassent largement les recettes fiscales issues de la vente d’alcool.
L’alcool compromet les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, en affectant au moins 13 des 17 ODD, notamment ceux liés à la santé des enfants, aux maladies infectieuses, à la sécurité routière, à l’égalité et au développement économique.
Les politiques publiques qui visent à réduire la consommation globale d’alcool (la hausse des taxes, la régulation de la vente et la limitation de la publicité) sont efficaces pour améliorer la santé et réduire les inégalités.
En résumé
La région Europe de l’OMS détient le niveau de consommation d’alcool le plus élevé au monde et la plus forte charge de maladies liées à l’alcool. Chaque année, en Europe, près de 800 000 décès sont attribuables à l’alcool, soit 2 200 morts par jour.
Les conséquences se manifestent tôt dans la vie : un tiers des décès chez les hommes et un cinquième chez les femmes de 30 à 40 ans sont dus à l’alcool.
Malgré les progrès réalisés, les cancers liés à l’alcool restent un problème majeur de santé publique en Europe.
La réponse de l’OMS
Pour faire face à ce fléau, l’OMS Europe a mis en place plusieurs programmes et cadres d’action, dont :
- Le Cadre européen d’action sur l’alcool (2022–2025), adopté par les 53 États membres, qui fixe six priorités : prix, information et étiquetage, prise en charge dans les services de santé, disponibilité, marketing et action communautaire.
- L’initiative SAFER, lancée en 2018, soutient les politiques les plus efficaces pour réduire les dommages liés à l’alcool :
- Renforcer la régulation de la vente et de la disponibilité ;
- Appliquer les mesures contre la conduite en état d’ivresse ;
- Faciliter le dépistage, l’intervention brève et le traitement ;
- Interdire la publicité et le parrainage liés à l’alcool ;
- Augmenter les taxes et les prix.
- Le projet EVID-ACTION (2022), soutenu par la Commission européenne, qui contribue au Plan européen de lutte contre le cancer, en sensibilisant le public et les décideurs aux liens entre alcool et cancer.
L’OMS souligne la nécessité de protéger les politiques de santé publique de l’influence de l’industrie de l’alcool, afin d’assurer des mesures efficaces, indépendantes et transparentes.
